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Texte soumis au Devoir le 3 décembre 2006. Le texte n'a pas été publié dans le journal, alors nous le reproduisons ici. Pour mémoire, voici le brouillon.

Quand le Canada ressuscite la nation canadienne-française

Mathieu Bergeron, doctorant en informatique, City University, Londres, Angleterre

Louis-Étienne Pigeon, doctorant en philosophie, Université Laval, Québec, Québec

Mise en contexte et résumé

Le 22 novembre dernier, le premier ministre Stephen Harper surprenait un peu tout le monde en proposant une motion visant à reconnaître que « les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni ». Cinq jour plus tard, le parlement du Canada adoptait la motion par 266 voix contre 16 (3 abstentions). Or, si l'humeur politique au Québec est demeurée flegmatique durant cette période, on ne peut pas en dire autant du reste du Canada. La manœuvre conservatrice a déchaîné de plus amples passions autour d'un débat qui faisait déjà rage depuis au moins un mois dans le cadre de la course à la chefferie du PLC: déluge de commentaires et d'analyses, pétitions, démission d'un ministre du cabinet Harper, etc. Le présent texte résume les impressions de deux jeunes étudiants québécois sur cette « affaire ». Celle-ci a le mérite de nous rappeler qu'il existe un réel malaise au Canada Anglais lorsque vient le temps de discuter de l’identité québécoise. De plus, nous ne croyons pas que la motion adoptée soit une avancée pour la reconnaissance du caractère national du Québec, mais plutôt un recul dans la façon de percevoir ce caractère. Cela apparaît clairement en lisant le libellé anglais de la motion, le procès-verbal du discours prononcé par Stephen Harper aux Communes le 22 novembre et le compte rendu des « éclaircissements » avancés par Lawrence Cannon en conférence de presse.

Le Canada, une vision « ethnicisante »

Les sociétés occidentales sont de plus en plus composites, diversifiées, ou comme l'expression commune le dit si bien, multiculturelles. Le Canada, bien entendu, ne fait pas exception. La majorité anglophone, au Canada, se targue même d'être la championne mondiale de la pluralité culturelle. Conséquemment, le Canada se réclame ouvertement et fièrement de la culture de ses minorités francophones. Il s'agit même là d'un atout majeur dans l'affirmation de la culture canadienne sur la scène internationale.

Tout devrait donc aller pour le mieux dans le meilleur pays du monde. Malheureusement, la distribution démographique des minorités francophones au Canada amène des complications. Il est fort dommage, semble parfois soupirer le Canada, que les francophones canadiens ne soient pas répartis uniformément dans toutes les provinces et dans toutes les villes du pays. Ils seraient ainsi beaucoup plus enclins à se contenter d'être individuellement francophones. Comme il serait facile de gérer ces minorités si elles n’étaient pas constituées en forces politiques, dès lors clairement réduites à demeurer des « groupes ethniques ». En prime, la vision de Trudeau s'appliquerait avec une acuité remarquable. Il suffirait, pour diriger le pays, de suivre une ligne déjà tracée, i.e. d’appliquer la politique nationale sur le multiculturalisme et en cas de litige, de consulter la Charte. On est en droit de douter, bien sûr, qu'une minorité aussi fragmentée serait en mesure de fournir la colossale production culturelle francophone dont le Canada jouit en ce moment.

En réalité, les minorités francophones canadiennes ont un fâcheux penchant pour l'affirmation collective. De toutes ces minorités, la plus torvisse est probablement celle du Québec. C'est que les franco-québécois ont cessé il y a quelque temps déjà de se considérer comme une minorité ethnique au sein du Canada et se considèrent désormais comme une majorité à l'intérieur d'un Québec lui-même multiculturel. Voilà un épineux casse-tête chinois qui n’est pas prêt d’être solutionné. Depuis près d'un demi-siècle déjà, le Québec ne cesse de solidifier son statut d'entité sociopolitique distincte, non seulement à l'intérieur du Canada (e.g. cégeps, caisse de dépôt, office de la langue française, culture populaire distincte), mais aussi sur la scène internationale (e.g. délégations générales du Québec à l'étranger, désir de s’intégrer à certaines instances internationales, visibilité accrue du cinéma québécois, sans compter l’affirmation de la langue québécoise par rapport au français de France).

En refusant de reconnaître intégralement l'émergence de la nation sociopolitique québécoise, le Canada se trouve dans une position délicate qui le force à ressusciter et à promouvoir une vision paternaliste des minorités francophones. Par un impressionnant exercice de double-pensée cependant, l'obsession ethnique est systématiquement présentée comme un vice, propre aux francophones, que le Canada doit s'efforcer de combattre. Est-il nécessaire de mentionner que les médias du Canada Anglais se plient volontiers à cet exercice? Une diète médiatique anglophone de quelques semaines suffira à vous donner l'impression que seule la majorité anglophone sait se montrer tolérante, prête à accueillir des immigrants et à aménager de l'espace pour d'autres cultures. La minorité francophone du Québec, elle, serait un monolithe peuplé de xénophobes qu'il convient, pour son propre bien, de surveiller de près. Imaginer l'effet que cela peut bien avoir sur une population qui n'a pas ou peu accès à l'envers de la médaille, plus souvent qu'autrement présentée en français, une langue que seulement 7% des anglophones hors Québec maîtrisent {i} (pdf).

Nous croyons que la motion conservatrice récemment adoptée par le Chambre des Communes illustre à merveille cette tendance; et cela peut-être pour la première fois de façon aussi explicite. D'abord, bien sûr, parce que le libellé ne mentionne ni le Québec, ni la nation québécoise. Ensuite, comme il a été remarqué amplement après que la motion ait été adoptée, parce que l'utilisation du terme Québécois dans la version anglaise du libellé est une référence on ne peut plus claire à une vision paternaliste tenue par Canada Anglais à propos de l'identité québécoise. Yves Boivert, dans La Presse, notait lui aussi que la motion conservatrice est un «[…] un détournement de nationalisme ethnique proprement ahurissant » {ii}. Mais est-ce si étonnant? Est-ce vraiment là qu'une simple maladresse? Ce détournement ne serait-il pas plutôt la mise en œuvre d’une idée bien ancrée dans les mœurs politiques du Canada?

C'est, étonnement, l'impression que nous donne les célébrations nationales au Canada. Alors que la St-Jean Baptiste, cette fête à caractère ethnique et religieux, s'est éclipsée au Québec et en Acadie pour laisser place à une Fête nationale (respectivement le 24 juin et le 15 août), le ministère du Patrimoine canadien nous apprend que la St-Jean Baptiste est une composante de la Fête du Canada et invite les canadiens à célébrer le « jour du saint patron des Canadiens-français (décrété comme tel par le Pape Pie X en 1908) »{iii}.

L'Amérique du Nord britannique fondée par le Québécois Samuel de Champlain (sic)

Le discours prononcé par Stephen Harper aux Communes était remarquablement bien construit, clair et concis. L'utilisation d'une formule question/réponse afin d'affirmer son indéfectible appui à l'unité canadienne étant particulièrement adroite. Les références à l'histoire du Canada cependant, groupées au milieu du discours, sont venu démontrer une certaine ignorance face aux multiples visages de l'identité québécoise actuelle et comment cette dernière, bien que fortement liée à l'histoire de la défunte nation canadienne-française, est avant tout un produit de la deuxième moitié du vingtième siècle. Nous discuterons séparément de ce qu'il nous paraît être les deux principaux tabous derrière ce malaise.

Tabou 1: les francophones ont jadis formé un peuple soumis

Le passage malhabile du discours de Harper, qui devait expliquer la place qu’a occupé le peuple québécois au sein du Canada, commence comme suit {iv}:

[...] les Québécoises et les Québécois ont toujours joué un rôle historique pour faire avancer le Canada avec solidarité, courage et vision, et pour bâtir un Québec confiant, autonome, solidaire et fier, au sein d’un Canada fort, uni, indépendant et libre.

Que doit-on comprendre de cette logorrhée élogieuse? Est-ce à dire que les Québécois ont toujours embrassé volontairement l'idée du Canada? Qu'ils ont toujours été en faveur d'un Canada uni? Ce Canada a-t-il toujours existé? Il s'agit là de tout un contraste par rapport à ce que nous apprend David Mills {v} , pour n'utiliser qu'un exemple, à propos du rapport Duhram (commandé par le premier ministre britannique à la suite des rebellions de 1837-38) :

Au Bas-Canada, Durham décrit les problèmes comme étant raciaux et non politiques. Il découvre « deux nations en guerre au sein d'un même État... ». Pour assurer l'harmonie et le progrès, il recommande d'assimiler les Canadiens français qu'il désigne comme « un peuple sans littérature et sans histoire » qu'une majorité d'anglophones dominerait. [...] Les conservateurs de Montréal soutiennent en grande majorité l'union [du Bas et du Haut Canada] puisqu'ils la voient comme un moyen de surmonter l'opposition canadienne-française à leurs projets de développement économique.

Est-on vraiment sensé croire qu'en 1867, seulement vingt-sept après le Act of Union qui implantait les recommandations du rapport Durham, le volet descriptif de ce rapport était déjà désuet? Que les francophones, y compris ceux du Bas-Canada, avaient changé radicalement d’opinion et étaient maintenant prêt à embrasser l'idée d'un « Canada fort, uni, indépendant et libre » ?

La seule façon de réconcilier avec la réalité l'affirmation que les Québécois ont « toujours joué un rôle historique » au sein du Canada est d'admettre que le Canada uni est une entité politique récente.

Tabou 2: le Canada est récent

Étrangement, ce n'est pas ce que Harper affirme. La suite de son discours va comme suit:

En débarquant à Québec [...], Champlain et ses compagnons ont travaillé fort parce qu’ils croyaient dans ce qu’ils faisaient, parce qu’ils voulaient préserver leurs valeurs, parce qu’ils voulaient construire un pays durable et sécuritaire.

Et c’est exactement ce qui s’est réalisé il y a presque 400 ans – La fondation de l’État canadien.

Qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire? Somme nous sensé comprendre qu'en arrivant en Amérique, Champlain se serait dit « Enfin! Une terre où je serai libre de m'associer avec les Anglais, mes ennemis jurés en Europe, afin de fonder un pays bilingue et multiculturel! Mais où sont-ils? Ils doivent être en retard. Attendons. » ?

Il semble y avoir une énorme réticence au Canada Anglais quand vient le temps de décrire la genèse du Canada politique. Or, comme état, le Canada peut résumer son histoire en une centaine d’années. Dans les faits, il a amorcé son entrée réelle dans le monde de la politique internationale avec sa participation à la première guerre mondiale. Sa lente ascension pacifique vers l’indépendance s’est définitivement terminée avec le Canada Act, qui confirmera formellement l’indépendance politique du Canada face au Royaume-Uni en 1982.

Le Canada est une confédération très jeune dans l'Histoire, sa forme politique et géographique se modifie sans cesse, l'uniformité de sa population n'a jamais existée et conséquemment, sa survie tient à sa capacité à se transformer, non pas à se préserver. Plusieurs politiciens canadiens comprennent cet état de fait, mais ne le disent jamais publiquement (ce qui ne serait pas très patriotique, avouons-le). La population ignore généralement la jeunesse de l'autonomie des institutions diplomatiques canadiennes, mais aussi que le Canada est ce qu'il est que depuis 1949 (entrée de Terre-Neuve dans la Confédération). Surtout, plusieurs citoyens canadiens ignorent que le Québec n'a pas signé la Constitution la plus récente, il fait donc partie du Canada que par défaut de n'avoir rien encore produit par lui-même ou de n'avoir rien signé d'autre. En d’autres mots, la Canada ne se connaît pas toujours lui-même.

Les Québécois, par contraste, semblent beaucoup plus au fait que leur identité nationale est très récente et est encore appelée à se transformer. Bien que les questions politiques auxquelles sont confrontées les Québécois soient complexes et touchent la base même de leur identité politique, ces questions ne sont pas considérées comme interdites et les débats qu’elles suscitent sont reconnus comme importants dans la culture québécoise.

La motion conservatrice, une avancée?

Alors, est-ce que la motion votée le 22 novembre dernier inaugure un nouveau modèle politique pour la Canada? Malheureusement, il apparaît que c'est plutôt le contraire. En refusant de reconnaître la nation québécoise pour ce qu’elle est vraiment (et donc l'identité québécoise moderne), la motion est passéiste et s’inscrit mal dans la réalité canadienne actuelle. C'est l'utilisation du terme Québécois dans le libellé anglais qui révèle la réelle signification de cette motion (et certainement la connotation erroné qu'elle a dû prendre au Canada Anglais). Selon la CBC, le terme anglais Québécois réfère à une réalité historique, voire ethnique {vi}:

Traditionally, the Québécois referred to people who could claim deep heritage and history in the province — the pure laine or de souche, those "true" Quebecers, whose ancestors thread back to the first French-speaking colonists who toiled the fields, when the province was still known as New France.

Cela contraste radicalement avec la signification du terme français Québécois, que l'Office québécois de la langue française défini simplement comme une « personne née au Québec ou qui habite cette province »{vii}.

Il est clair que l’idée principale de la motion est que les québécois forment une nation, mais cela strictement au sens ethnolinguistique. Il en résulte que cette nation est sans territoire (dès lors, la référence au « Canada uni » comprise dans la motion est sans grand impact). En quelque sorte, l'objectif semble avoir été de ressusciter l'idée de la nation canadienne-française.

Et pour cause. Politiquement, les accommodements accordés aux minorités ethniques sont faibles, ou du moins, sans grandes conséquences pour la majorité : droit de parole à l’intérieur du système déjà établi, droit de fierté et d’appartenance, droit à la différenciation et à l'intégration simultanée (i.e. être différent, mais à condition de s'intégrer). Mais les accommodements que demandent les minorités nationales (comme peut l’être considéré le Québec contemporain) sont plus lourdes : droit à l’autogestion, droits constitutionnels différenciés et surtout, le droit de s’exclure, par voie démocratique, du système déjà existant.

La motion s'inscrit donc parfaitement dans cette tendance à nier l'existence de la nation sociopolitique québécoise. Seulement, est-ce vraiment là l'intention des conservateurs? N'est-ce pas là qu'une simple maladresse? Permettez nous d'en douter. D'abord parce que l'équipe conservatrice actuelle est très habile et n'aurait pas choisi le terme anglais Québécois à la légère. Ensuite, comme nous l'apprend Chantal Hébert {viii} dans le Toronto Star, une telle motion était en gestation depuis le 24 juin dernier, lorsque que Stephen Harper avait refusé de prendre position sur la question de la nation québécoise. En clair, la réduction de l'identité québécoise à l'ethnie, l'histoire et la langue n'est probablement pas accidentelle.

Une des justifications avancées par le ministre démissionnaire Micheal Chong {ix} en est un excellent indicateur:

Pour moi, reconnaître les Québécois comme une nation, même à l’intérieur d’un Canada uni, implique la reconnaissance d’un nationalisme ethnique que je ne peux appuyer.

Un autre indicateur est la verve avec laquelle le ministre Lawrence Cannon, qui s'est par la suite quelque peu rétracté, a initialement défendu la vision ethnique de l’identité québécoise en conférence de presse {x}:

Question: Can you — to follow up on Hélène's question, just to make it very, very clear, especially to my readers at The Gazette, when you talk about les Québécois does it include every resident of Quebec regardless of which boat their ancestors came over on?

Hon. Lawrence Cannon: No, it doesn't. It doesn't. Let's be clear on this.

Lors de la même conférence de presse, M. Cannon nous a expliqué (par deux fois) que les Québécois ont manifesté à plusieurs reprises leur attachement au Canada, quatre fois lors d'élections provinciales, par exemple, mais aussi en deux autres occasions que M. Cannon n'a pas nommées (le terme référendum est-il devenu tabou?). Conséquemment, toujours selon M. Cannon, les Québécois constituent une partie intégrante de l'unité canadienne (« are part and parcel of Canadian unity »).

De quelle unité parlons-nous ici? Si les franco-québécois forment une nation sans territoire, comment peuvent-ils bien contribuer à l'unité territoriale ou politique du Canada sinon qu’en étant qu’une autre tuile de la mosaïque multiculturelle canadienne? Mais quelle peut bien être cette culture québécoise existant en parallèle d'une nation sociopolitique que l'on continue de nier?

Qu'est-ce qu'un Québécois?

Cette « affaire » est aussi venu nous rappeler, qu'il existe un malaise certain au Canada Anglais lorsque vient le temps de discuter de l'identité québécoise. En effet, comme nous le fait remarquer Andrew Coyne sur son carnet web, l’embarras relatif à cette question n'est pas le privilège des conservateurs {xi}. Une journée seulement après avoir publiquement reconnu que les Québécois forment une nation, aucun des représentants des trois grands partis pancanadiens interrogés par Don Newman à l'émission Politics de la CBC n'a pu avancer ne serait-ce qu'un seul élément de réponse à la question: « qu'est-ce qu'un Québécois? ».

Le premier ministre Stephen Harper, pour sa part, s'est borné à répéter que « les Québécois savent qui ils sont » {xii}. Curieusement, c'est exactement ce qu'avait dit Maxime Bernier, le ministre conservateur de l'Industrie, le 24 juin dernier afin de défendre son chef qui était alors accusé... de ne pas reconnaître la nation québécoise {xiii}. Il apparaît que si le libellé de la motion a été dûment médité par les conservateurs, l'importante question identitaire elle a été, et continue d'être, savamment esquivée.

Cela n'est pas nouveau. Le Canada Anglais exhibe une attitude trouble par rapport à l’identité québécoise: d'un côté on ne s'y intéresse pas vraiment, mais de l'autre côté on se réclame de la production culturelle québécoise, même si une grande partie de cette dernière est fortement inter reliée à la spécificité québécoise (en ce sens qu'elle s'en nourri et vient la renforcer). La même attitude est observée par rapport au fait français. En février 2004, le Centre de recherche et d'information sur le Canada, nous apprenait que 74% des anglophones hors Québec considèrent que leurs enfants devraient apprendre le français comme langue seconde. Le même rapport nous rappelle que, dans les faits, seulement 7% des anglophones hors Québec parlent français {i} (pdf).

Conclusion

Par un drôle de renversement de l'histoire, certains politiciens du Canada Anglais sont devenus de fervents promoteurs d'une notion strictement ethnolinguistique de l'identité québécoise. Nous croyons qu'il s'agit là d'une démarche visant essentiellement à nier la véritable nature du Québec moderne tout en continuant de se réclamer de sa culture. Ce déni s'accompagne d'entorses majeures à l'histoire du Canada et retarde l'émergence d'un modèle politique véritablement stable dont pourrait bénéficier les peuples, cultures, nations et communautés coexistant sur leurs « quelques arpents de neige » au Nord de l'Amérique. L'émoi créé par la motion conservatrice démontre bien à quel point, contrairement à ce qu'on voudrait parfois nous faire croire, l'absence d’un modèle constitutionnel viable et fort est tacitement bien comprise au Canada.